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4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 19:07

Cyber-dépendance. Quel drôle de mot pour désigner ce besoin obsessionnel et excessif qu’ont actuellement certaines personnes envers cette activité addictive que représente Internet au point d’interférer sur leurs vies quotidiennes.

Accros aux jeux vidéo, aux jeux d’argent en ligne, aux réseaux sociaux, aux achats sur internet, aux sites pornographiques… C’est fou, en quelques années, ce que les gens ont pu faire à partir de leur domicile en comparaison avec leurs aïeux qui étaient obligés de tout traiter à l’extérieur, et encore, avec les Smartphones ont peut dorénavant s’émanciper de tout lieu clos. Cela reste toutefois une sorte de fac-similé un peu faussé de la vraie vie. A voir, par exemple, le bordel généré par une invitation en ligne adressée à tous ses « amis » pour une soirée sensée décoiffer les plus coincés. Le résultat est édifiant. Quand les parents rentrent chez eux, le fiston est au poste, les pompiers finissent de ranger les tuyaux et les voisins en pyjama pilou et bigoudis engueulent les parents « dépravés » en exigeant leur expulsion. Cinq cent personnes dans un F3, c'est sûr, cela fait tâche dans le quartier. L’effet de masse sur le Net engendre souvent une exponentialité incontrôlable de faits et gestes de personnes qui, lorsqu’ils en prennent conscience, deviennent agoraphobes et se replient encore plus sur eux même. L’écran leur permet alors d’éviter les problèmes de la vie courante. L’illusion devient vite réalité. Le bon sens est altéré et la morale déviée.

Quoi faire alors ?

Pour remplacer les jeux vidéos, une bonne vieille baston à coup de chaine de vélos et tessons de bouteilles, comme on la pratiquait dans les années soixante dans la banlieue Sud de Paris. Au premier Game-over, l’envie de violence gratuite s’évanouissait comme par enchantement surtout qu’à l’époque les flics, arrivés en renfort, ne faisaient pas semblant de taper. Ils mettaient tout le monde KO et discutaient après. Gentiment d’ailleurs. Ils avaient déchargé leur adrénaline dans la bagarre et nous parlaient comme un confesseur à ses ouailles après Matines. Très peu de récidive. Quand on a été haché moulu fin, que le dentiste vous a facturé 3 dents au prix du salaire du paternel, on tourne trois fois sa hachette dans le dos avant de récidiver. Qui plus est, dans l’histoire, tout le monde faisait du sport, les flics comme les loubards, enfin, dans la limite du raisonnable.

Les jeux d’argent. Il suffisait à la même époque de se balader le Dimanche matin au marché du Kremlin-Bicêtre où trois ou quatre joueurs de Bonnetot officiaient sous le manteau pour se retrouver pauvre comme Job. « Elle est où ma reine, elle est où ? » Même si par un extraordinaire hasard il vous arrivait de gagner, leurs acolytes, appelés Barons, des gros bras sans scrupules, vous arrangeaient le portrait tout en vous tirant les poches. Cela ne donnait pas envie mais alors pas envie du tout de devenir accro aux jeux.

Les réseaux sociaux. Au sortir de la guerre, jusqu’à la fin des trente Glorieuses, les gens conscient de leur liberté retrouvée, aimaient se retrouver entre amis. « A la bonne franquette » autour d’un simple coup de gros rouge étoilé et d’un morceau de saucisson, ils ne refaisaient pas le monde mais savouraient l’instant présent en toute simplicité. Les amis ce n’était pas sur catalogues qu’ils les avaient choisi mais à travers les affres, les difficultés, les tragédies de la vie. Même si l’on en avait que quelques uns à compter sur les doigts d'une main, l’amitié prenait tout son sens. La qualité plutôt que la quantité. Evidemment c'est très éloigné des centaines d'"amis" que l'on revendique d'avoir sur la toile.

Les achats sur internet. Il existait à l’époque un organisme de crédit appelé « La semeuse » filiale de la Samaritaine, qui éditait des « Bons de la Semeuse ». Les ménagères, lorsqu’elles avaient put grappiller quelques sous, les confiaient au siège, rue du Louvre à Paris. En échange elle recevait des bons valables six mois. Quand le pactole de bons devenait suffisamment conséquent, elles pouvaient enfin réaliser l'achat coup de coeur dans un établissement référencé. Les gens n’achetaient à l’époque que lorsqu’ils avaient accumulé la somme nécessaire d’où un moindre risque d’endettement. C’était une sorte de bas de laine à la consommation mais sans risque de découvert si complaisamment acceptés par les banques d’aujourd’hui pour mieux vous tenir poings et mains liés. Pas de carte bleue. Tout le monde payait en liquide ce qui laissait toutefois aux banques la faculté d’émettre des chèques pour les clients frileux ou …fortunés.

Enfin, les sites pornographiques. Un gamin de 8 ans a aujourd’hui regardé mille fois plus d’images pornos que son grand-père dans toute sa vénérable vie. Ce n’est pas que le vieux n’ait pas envie de se rincer l’œil mais, avec son Alzheimer naissant, il ne sait plus guère l’intérêt de visionner de telles images. Dans son temps l’amour était une activité à risques, surtout celui de se retrouver parent en moins de temps qu’il ne fallait pour le dire. Le pratiquer représentait une activité majeure hautement symbolique avec tout un tas de codes que le vingt et unième siècle a balayé d’un simple revers de préservatif. Est-ce mieux, est-ce pire ? A chacun d’en juger mais l’explosion des divorces et séparations, à l’heure actuelle, n’est elle pas le symptôme d’un manque de concertations, de concessions et de complicité chez les couples pourtant submergés des moyens de communications modernes dont la téléphonie mobile en est indubitablement le fer de lance ?

Bon, ce n’est pas tout. Je m’en vais graver, de ce pas, ces réflexions sur mon écran avec un burin et un marteau, ça au moins, c’est indélébile…et ça vous sort du lot.

L'addiction s'il vous plait !
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29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 19:20

Depuis le jeudi 23 janvier 2014, ‘betdenrire’ est resté muet. Pas un article, pas un dessin.

Alors pépère on se relâche ? Que nenni. Pendant tout ce temps j’ai mouillé la chemise à finaliser cette foutue retraite qui, au pays de Courteline, si elle relève plus de la pièce de boulevard que du procès stalinien, n’en est pas moins un parcourt du combattant en plusieurs actes. Cela laisse peu de place à l’imaginaire potache que j’essaye habituellement de décrire dans ces pages. Il m’a fallut, en mémoire à toutes nos activités passées, scanner les milliers de dossiers, plans et dessins qui ont jalonné notre vie professionnelle depuis la sortie de la guerre à nos jours. Avec le paternel jusqu’en 1985, puis en solo, nous avons traité un étonnant panel d’études et de réalisations dans des domaines aussi variés que ceux du ferroviaire, de l’aérien, du nucléaire, de l’autoroutier, du bancaire, du policier, de l’armée, des métros français et du monde entier, de l’automobile et de la navigation marchande en passant par le médical, les musées et théâtres… et… j’en oubli. Un inventaire que Prévert n’aurait pas manqué de souligner, tant ces soixante huit ans à gamberger, dessiner, créer des prototypes, déposer des brevets puis lancer les fabrications, ont été sources de satisfactions personnelles intenses.

Si je n’avais pas été efficacement soutenu et épaulé par mon épouse, je n’en aurais pas réalisé le quart. Dans la vie rien ne vaut un bon tandem. Niveau rendement, il n’y a pas photo.

C’est mon copain d’école Daniel Ducros, qui s’inquiétait du manque d’activité du blog, qui ma remis le crayon à l’étrier. Il avait besoin d’un dessin pour illustrer le sien qui traite de sa passion pour le motonautisme. Se chargeant lui même de l’entretien et des réparations de son bateau, il fait partager, à ceux qui ont le même hobby, les astuces et conseils techniques qu’il élabore en regard de ses expériences du milieu nautique.

Il lui fallait un dessin sur le thème du tournage et du fraisage qu’il avait abordé succinctement dans sa jeunesse en tant qu’élève ingénieur qui se devait de connaître, à l’époque, tous les outils de production mis à sa disposition pour des réalisations mécaniques.

Malgré tout ce temps écoulé depuis 1967, il reprit vite le coup de main et réalisa lui-même sur ces machines-outils mises à sa disposition la pièce complexe qu’il devait installer sur son bateau. Chapeau l’artiste. Allez donc faire un tour sur son blog : WWW.deboreva.fr au titre évocateur de « Pince mi, pince moi »

Pour ma part je continu de scanner à tout va mais dorénavant je ne vais pas laisser autant de vide sur betdenrire et me remettre régulièrement à la planche ou à la tablette pour concocter des dessins qui, si idiots soient-ils, m’apportent sérénité et bonne humeur.

Quoi demandé de plus à un jeune retraité de 65 balais ?

Patron, une augmentation ou je fais un malheur!
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23 janvier 2014 4 23 /01 /janvier /2014 17:00

Les dents de sagesse, elles au moins elle ne sortent pas.

Burnes out
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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 17:50

Et comme dirait le sketch des inconnus: "Cela ne nous regarde pas!"

Chez le coiffeur
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4 janvier 2014 6 04 /01 /janvier /2014 15:34

I have a dream qu’en 2014, tous ces incapables politiques, de tous bords, soient soudainement touchés par la grâce et fassent enfin ce dont tout le monde attend d’eux : Leur boulot !

Pour moi toutes les langues du monde sont belles. La seule qui me laisse de marbre, c’est la leur : La langue de bois. Il est vrai qu’il faut un certain entraînement pour la maîtriser mais passer par l’ENA donne à ses élèves un sacré avantage sur la concurrence fusse-t-elle issue d’une école de bonimenteurs de foire. Donc, qu’ils continuent de bouffer la laine sur notre dos, çà, on a l’habitude, on n’y peu rien, c’est dans leur nature, mais qu’au moins ils s’entendent, d’une extrémité à l’autre, pour faire enfin une politique réaliste qui profiterait aux Français sur le long terme.

Cela va mieux en le disant.

L'Elysée dans la prairie comme la petite maison des Ingalls avec pour chaque jours sa maxime paysanne où le bon sens se disputerait à la méthode Couèt devant un parterre de Lapalissiens courtisans...Faut pas rêver mon gars, t'es en 2014!.

Bonne apnée à tous.

VOEUX 2014
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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 19:12

J'ai oublié dans l'avant dernier billet de glisser les photos où je suis en prison pour le rire et en ...boite pour les mesures.

Tout compte fait, confortable ce modèle western XXL!

(Photographié sans le couvercle )

Case Prison
Case Prison
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26 décembre 2013 4 26 /12 /décembre /2013 19:36

Un guide franco-américain ayant fait sa scolarité et études universitaires en France et résidant aux states depuis plus de 30 ans, avec donc les deux cultures profondément enracinées, nous expliquait la différence notable de comportements dans la vie de tous les jours entre un Français et un Américain lambda.

Le Français se présentant au petit déjeuner à l’hôtel où il est descendu et ne trouvant pas de suite le café ou le pain, va s’exclamer : « Ya pas de café ? », « Ya pas de pain ? »Un phrase négative dès l’entrée de jeu alors que l’autochtone va tout simplement demander à la serveuse : « Avez-vous du café ? » « Avez-vous du pain ? »

Le français, en général et par essence, de naturel ronchon, va avoir plutôt tendance à négativer toute situation qui ne colle pas instantanément au cliché idéal qu’il s’en fait.

Un échec le conduit irrémédiablement à douter et il devient partisan du verre à moitié vide alors que son homologue du nouveau monde, suite à un échec, va insister, recommencer avec de nouvelles variables, persévérer jusqu’à la réussite finale. Bien entendu tous les américains ne sont pas des Edison en puissance mais, partisans du verre à moitié plein, ils ont moins de mal à affronter les obstacles de la vie, comptant essentiellement sur eux-mêmes en sachant pertinemment que l’état ne lèvera pas le petit doigt pour les sortir du pétrin. Cela les amène à être plus entreprenants et persévérants. Pas étonnant donc que certains, partis de rien, finissent par accumuler des fortunes colossales. Il est vrai aussi que pour un malchanceux, quand il touche le fond, il vaut mieux pour lui qu’ils soient européen. L’assistanat, de ce côté-ci de l’Atlantique, a tout de même du bon pour surmonter certains obstacles.

A voir, après le passage d’une tornade, le malheureux propriétaire sur les ruines de sa maison transformée en un Mikado géant, vue que là bas ont construit tout en bois, dirent, à peine le dernier souffle de vent quitter le quartier, qu’il allait relever les manches et reconstruire une maison encore plus belle… et toujours en bois, cela vous donne une grande leçon d’optimisme. Bon l’exemple a ses limites parce que le Français lui, échaudé par l’aventure, reconstruirait tout en pierre avec des murs de 40cm et une toiture en lozes de 10 tonnes que la plus puissante des tornades aurait bien du mal à avaler. L’Islandais, grand amateur de gazon, aurait lui reconstruit en semi-enterré avec un toit végétalisé à faire pâlir un pré normand.

En résumé quand survient un KO ou chaos si vous préférez, il vaut mieux être OK sur toute la ligne, quelque soit le continent qui nous abrite.

A ce propos, connaissez-vous l’origine de ces deux onomatopées ?

Si KO est la simple contraction de « knock out » signifiant la mise hors de combat d’un boxeur à la fin du décompte de l’arbitre sur un ring de boxe, OK à de multiples étymologies dont la principale, reconnue aux States, prend ses origines lors de la guerre de sécession.

L’état major, dans chacun des deux camps, avait pour habitude de faire compter les victimes au soir de la bataille. Quand, par miracle, il n’y avait que des blessés mais aucun mort, le préposé aux écritures notait : 0 Killed soit OK pour faire simple. L’expression décrivant à elle seule que tout allait bien dans les meilleurs des mondes, devient donc synonyme de tout ce qui est positif. Une autre variante américaine proviendrait de la fâcheuse habitude des américains à écorcher la langue de shakespeare : « All correct » prononcé : « Oll Korrect », sa contraction traduisant par la même que tout était nickel.

Enfin, si dans le monde toutes les histoires en O et K finissent par des chansons, ces dernières sont souvent le fruit d’une étroite collaboration entre le fameux verre qu’il vaut mieux avoir plein, surtout en plein désert comme celui du Mojave, avec le gosier d’épicuriens de tout poils, comme ceux de notre Police Nationale jamais en reste pour lever un coude patriote. Les Bretons sont pas mal non plus. Jugez plutôt :

Bagdad café
Bagdad café
Bagdad café
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25 décembre 2013 3 25 /12 /décembre /2013 19:54

Je croyais offrir à mon épouse un conte fantastique et inoubliable au camping de Melun sous une tente une place et un réchaud à bougie pour fêter nos 40 ans de mariage, au lieu de cela je me suis trompé de touche sur le smartphone-lampe magique et nous voilà transportés à plus de 9000km de là. Merci à nos filles bonnes fées qui savent comme nulles autres transformer les citrouilles en carrosses.

Hollywood boulevard, Bagdad café, la route 66, Kingman, le Grand Canyon, Monument Valley, Brice Canyon ou Calico, entre autres, Las Végas et San Francisco en prime, un puit sans fin pour trouver l’inspiration de dessins d’humours tant les autochtones sont surprenants, enfin surtout les ours du Yosémite arracheurs de poubelles à leurs heures et grands chasseurs de touristes mielleux.

Un conte de fées, qui passant par la case prison, fini en Happy end sur la skine line de San Francisco
Un conte de fées, qui passant par la case prison, fini en Happy end sur la skine line de San Francisco
Un conte de fées, qui passant par la case prison, fini en Happy end sur la skine line de San Francisco
Un conte de fées, qui passant par la case prison, fini en Happy end sur la skine line de San Francisco
Un conte de fées, qui passant par la case prison, fini en Happy end sur la skine line de San Francisco

Un conte de fées, qui passant par la case prison, fini en Happy end sur la skine line de San Francisco

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30 octobre 2013 3 30 /10 /octobre /2013 18:57

Désolé pour cette absence aussi longue mais je ne me tourne pas les pouces pour autant.

J’ai, depuis 3 mois, entrepris un travail qui me tenait à cœur depuis fort longtemps.

Raconter, dans un livre illustré, l’aventure des CIP.

Pour ceux dont ce sigle est totalement inconnu il, il représente l’aboutissement de la passion paternelle pour les chemins de fer et en particulier pour les chemins de fer secondaires.

Mon père, depuis sa plus tendre enfance, a voué une curiosité et une tendresse particulières pour les chemins de fer au point, une fois adulte, d’y consacrer une grande partie de ses loisirs, allant même, suprême folie, à construire dans sa propriété une vraie ligne de chemin de fer avec dépôt, rotonde pour trois machines, forge, hangar pour une dizaine de wagons et citerne souterraine avec grue hydraulique pour l’alimentation des locomotives à vapeur. Pour faire bonne mesure, un réseau LGB extérieur et du HO au grenier.

Bien sûr, cela ne s’est pas fait en un jour et c’est après bien des aventures et d’expériences plus ou moins ratées, il y eu même des explosions, qu’il réussit, aidé par bon nombre de fidèles copains et…par son rejeton de fils, à concrétiser son projet fou.

De 1967 à 1995, date de sa disparition, combien de trains avons-nous formés pour des jumelages, des écoles, la RATP, la TV, des associations sportives ou caritatives ou tout simplement pour balader des quidams, des marcheurs qui passaient par là, sans autre objectif que de leur faire partager un instant de bonheur à être brinquebalé dans un vieux tacot toussant, fumant et crachant autant d’escarbilles que les postillons d’un tuberculeux en phase terminale.

C’est cette aventure cocasse et, sans forfanterie, pleine d’humour que j’essaye de conter dans ce recueil de plus de 400 pages. Elles seront agrémentées d’une multitude de photos et surtout de dessins humoristiques dont l’élaboration me prend un temps fou.

De temps en temps je glisserai un des dessins sur le blog en attendant la publication papier et sa version internet

Encore merci pour votre infinie patience.

CIP ou l'aventure d'un zinzin de la voie étroite
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13 septembre 2013 5 13 /09 /septembre /2013 15:25

Les années d’avant guerre, celles que l’on considérait folles et insouciantes, avaient vu, sans déplaisir, s’étendre la toile ferroviaire jusque dans les moindres recoins du territoire. Il était coutumier d’apercevoir sur les quais de gares, surtout sur les lignes secondaires, des paysans venus de leur campagne, proposer aux voyageurs affamés, en attente du départ, moult produits du terroir dont la saveur et l’authenticité étaient à mille lieux de l’insipide jambon beurre actuel.

C’était un moyen comme un autre de se faire un peu d’argent avec de plus, aidé par le temps évidemment compté et la précipitation ambiante avant le départ, la possibilité de monnayer à la hausse les produits qui, à la foire voisine, étaient limités par la concurrence et l’esprit critique du badaud.

Mon père, qui vécu cette époque, a détaillé cette ambiance si particulière et chaleureuse dans ses mémoires de jeunesse dont je reprends certains passages dans le bouquin « Les CIP » actuellement en préparation.

Petite chronique ferroviaire suivie d’un dessin à haute valeur gustative:

Trains du sud

Dans les années 20, quand nous allions à Pommier, nous prenions le train à la Gare d'Orsay qui était alors tête de ligne. Dans cette gare nous étions sûrs d'avoir les places que nous voulions. Moi, je voulais une place à coté de la fenêtre, ma mère, elle, voulait être assise dans le sens de la marche du train, et mon père, lui, voulait un compartiment fumeur. Ma sœur, elle n'avait pas d'exigence particulière.

Donc, bien installé dans mon coin, je regardais défiler les poteaux télégraphiques. La nappe des fils ressemblait à une portée de musique qui jouait aux montagnes russes. De temps en temps mes yeux s'ouvraient plus grand, quand nous traversions une grande gare, où il y avait beaucoup de voies. Je regrettais que le train roule si vite car je n'avais pas le temps de tout voir.

Je me régalais, quand les bogies passaient sur les appareils de voie. Il y avait alors un bruit, je dirais moi, plutôt, une mélodie qui m'enivrait et me faisait rêver tout éveillé.

J'imaginais la même scène vue de la cabine du mécanicien, voyant la voie disparaître sous le train.

Un autre moment passionnant, c'était quand le train quittait la machine électrique, le plus souvent une 2D2-500, ces monstres à seize roues qui l'avait amené depuis Paris, pour retrouver une machine à vapeur, en général une pacifie PO série 5000. Cet échange avait lieu a Vierzon et une ou deux années plus tard à Châteauroux. A partir de ce moment ma mère exigeait la fermeture de la baie à cause des escarbilles. Je me rendais alors dans le couloir où je pouvais ouvrir la vitre, me rincer l’œil avec des escarbilles et me régaler les narines avec la bonne odeur de vapeur et d'huile chaude de la machine, le mouchoir à la main pour essuyer mes yeux. Cela me mettait en appétit. C'était alors le moment du casse-croûte. Toutes les victuailles étaient étalées sur les genoux de ma mère qui préparait les tartines. En général, dès qu'un voyageur commençait à sortir son saucisson, les autres ne tardaient pas à en faire autant. Ce qu'ils étaient bons les casse-croûtes dégustés à 100 kilomètres à l'heure dans ces compartiments intimes de huit places où les conversations ne commençaient vraiment qu’à partir de ce moment propice aux entrées en matière.

« Vous n'auriez pas un tire-bouchon, j'ai oublié le mien » « C'est bête j’ai oublié le sel, cela ne vous dérange pas ? » etc.

Dés le dessert, des fruits en général, ce dernier salon où l’on cause était ouvert, et on parlait de tout et de rien et cela faisait passer le temps,

« Tiens! Nous sommes déjà à Limoges ? »

« Limoges, dix minutes d’arrêt, buffet, journaux… » annonçait un haut-parleur nasillard dont on devinait les paroles plus qu'on ne les comprenait. On descendait alors se dégourdir les jambes sur le quai mais moi, c'était vers la machine que je me dirigeais, car il y avait la prise d'eau et ce spectacle valait le dérangement. Ma mère ne vivait pas pendant ce temps-là, elle avait peur que le train reparte sans moi, mais j'étais avec mon père qui lui en profitait pour fumer une cigarette.

Quand j'avais la chance d'être dans la voiture de tête, et c'était rare car ma mère ne voulait être placée que dans l’un des wagons du milieu du convoi, je pouvais assister à cette cérémonie de la portière, même de mon compartiment. Ma mère, en effet, sur les conseils de son père, voulait toujours se trouver au centre du train et au centre du wagon car, d'après le père Conche, en cas d'accident c'était la place la moins dangereuse. (1)

(I) Avant la guerre de 14, quand il était convoyeur des PTT après sa retraite de gendarme, il était dans le train qui avait pris feu dans le tunnel de Montplaisir. Il en était sorti indemne, alors qu'il y eut de très nombreuses victimes, les caisses en bois, hautement inflammables des voitures, ne laissant guère de salut à tous ces malheureux.

Compartiment ripailleur
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