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31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 19:03

SCENE 4

 

L’ensemble des pensionnaires et l’encadrement sont de nouveau dans la salle commune. Ils débattent de la meilleure manière de traiter la situation :

Germaine : « Ce n’est pas tout, mais si l’on doit faire semblant, il faut tout de même raconter une histoire, avoir un fil conducteur. »

Marie : «Germaine a raison. Que peut-on raconter dans une comédie musicale ? 

Augusta : « Une histoire d’amour, pardi ! C’est bien connu, les comédies musicales ne parlent que d’histoire d’amour ! »

Gaston : « Et les musiques ? Les danses ? On choisi quoi ? Sorti de la valse musette, d’une éventuelle java chaloupée  et d’un hypothétique paso doble, je ne vois pas les vieux de notre age, jouer les boys de Joséphine Baker sur des airs zazous ! Et vous, mesdames, vous vous voyez lever la gambette avec ceintures en bananes ou toutes emplumées. Si on ne trouve pas de bananes et de plumes d’autruches, on fait quoi ? On vous pare de feuilles de laitue et on plume le coq du père Amédée ? »

Marie : «Gaston, voyons, ne soyez pas défaitiste !  » 

Léon : « Ouais, et puis les varices ça se voit, C’est un coup à les traumatiser nos boches !  »

« Il n’auront pas à aller trop loin pour trouver des otages en représailles d’attentat à la pudeur! »   « Et en plus, ils deviennent grossiers ! » S’insurge faussement Augusta.

Léon : « Bon, alors !  On ne perd pas de temps. Allez, chacun donne son idée… »

Pierre : « Je viens de finir le tour du monde en 80 jours, …bah oui, le livre ! … On peut s’en servir comme le fil conducteur d’une série de danses des différents pays traversés ! »

Léon : « Pourquoi pas au fond, l’idée peu tenir la route. Il faut déjà établir l’inventaire de nos trésors musicaux.  Pascal, je crois que vous possédez plusieurs 78 tours de Charles Trenet. Augusta, vous avez toujours vos disques de Rumba ? …. »

Augusta : « Je reviens, je vais vous dire ça. »

Pierre : « C’est quoi la Rumba ? »

Marie : « Tait toi Pépé, laisse causer Augusta. »

Léon : « Et vous, William ? »

William : « Il me semble qu’au fond de la malle …..Je n’y ai plus touché depuis que Gertrude nous a quitté….Oui, il me semble que nous avions quelques disques de Quick-Step. Ah, ce qu’elle dansait bien Gertrude ! »

Pierre : « C’est quoi le  machin, le steak cuit ? »

Léon : «On te fera une démonstration ! Hein  William ! »

Et à chacun d’inventorier son trésor.

Léon : « Mais au fait, j’en connaît un qui en a des dizaines. C’est le curé !

Il paraît, enfin c’est le bedeau qui le prétend, que le père Diego avait le sang chaud dans sa jeunesse. Et même que l’évêque la fait muter à plusieurs reprises. Il a terminé sa mission à Cuba, là bas, dans les îles. »

Germaine : « Ah ça ! Pour les ragots, on vous retrouve les garçons ! »

Mme de saint Fifre qui avait suivi, avec intérêt, toute la conversation : « Bon, Melle Victoire, vous qui ne ratez jamais une messe, pouvez vous demander à Mr le curé de passer au plus vite à la pension. Dites-lui aussi que cela relève de la plus haute importance et qu’il ne tarde pas ! »

« Oui, madame, je lui en fait part dès demain matin. »

Mme de Saint Fifre : «Lucien, il va falloir vous mettre à l’ouvrage. La grande salle d’été, nous allons la débarrasser de tout son fouillis. Cela fait 20 ans que l’on y entasse des choses inutiles. Il nous faut de la place, beaucoup de place. On va la transformer en salle de spectacle ! » 

Augusta : « Mais où va t’on s’entraîner en attendant ? »

Mme de Saint Fifre : « Ici ! Quelqu’un y voit il un inconvénient ? »

Pascal : « Va y avoir de l’ambiance ! »

Entre temps, William, qui était parti dans sa chambre, revient, les bras chargés de 78 tours.

William : « Il y a bien une ou deux danses de comédie dans tous ça, Gertrude aimait le Jazz et les musiques de comédies américaines ! » 

Augusta est de retour avec une impressionnante brassée de disques : « Tenez, il y en a pour tous les goûts ! »

Et nos vieux de s’émerveiller, comme des gosses devant la cheminée, au matin de Noël.

Gaston : « Et bien, s’il faut tout ce charivari pour que vous sortiez  vos disques ! »

Augusta : « Et vous, Gaston ? Pas de musique ? Pas de danse, même militaire ? »

Gaston : « Faut pas croire, mais au bivouac, comme dans les tranchées, mes sénégalais, ils dansaient tout le temps!  Ils tapaient sur leur quart ou sur des casseroles  en braillant à tue-tête et en dansant d’une manière animale. On en était comme hypnotisé. De les voir en transe, se désarticuler sur leur rythme effréné, on ressentait à la fois l’envie de faire comme eux, de se jeter dans la danse et celle de fuir à toutes jambes avec la chair de poule et le diable aux fesses !

D’ailleurs, ils y en avaient qui ne s’y trompait pas. C’etait les allemands, ils en avaient une peur bleue ! Ces mélopées étranges leurs glaçaient le sang ! Et lorsqu’ils se retrouvaient prisonniers,

Ils étaient tous heureux et rassurés de voir un encadrement blanc ! Ils pensaient certainement être le plat principal au dîner ! »

Marie : « Non mais c’est fini de dire toutes ces horreurs ! Gaston, n’avez-vous pas honte ? »

Tandis que chacun est à son affaire, c’est à dire déchiffrer toutes ces jaquettes jaunies, Augusta  démarre le vieux phono.

Augusta : « Aller, qui veut danser avec moi ? »

(Paso doble – La Véronica )

Léon : « Vous savez, il y a belle lurette que je n’ai pas dansé un paso doble ! »

Augusta : « Léon, vous êtes un faux pudique ! Allez, entrons dans la danse ! »

Les couples se forment et rejoignent  sur la piste Léon et Augusta.

 

 

 

 

(Même transition avec 30 s  de El Porom Pom Pero – Solano /Ochaita/Valério – Paso doble )

 

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Philippe Lepers - dans Divers
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