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9 décembre 2008 2 09 /12 /décembre /2008 19:14

Depuis plusieurs jours une pluie persistante a gonflé les cours d'eau
et les gués sont devenus imfranchissable pour la majorité des 4x4.
Les copains ont renoncé à poursuivre plus avant et nous voilà seuls
 depuis 2 jours
C'est évidemment à ce moment que nous vient l'idée de gravir le
volcan Laki.
Une seule petite piste, partiellement indiquée sur la carte au
1:750.000, à des lieues de toute présence humaine, doit nous
conduire au sommet.
De là s'étend une vue panoramique sur la chaines de volcans 
traversant l'ile du nord au sud. Cest la fameuse médiane Atlantique
qui, par des milliers de points chauds, serpente sous l'océan du
Nord au Sud jusqu'a la Terre de feu en Patagonie.
Rappelons qu' à un endroit bien choisi et en restant une bonne
année plantée là, à cheval sur la fameuse médiane, une jambe
s'éloigne vers l' Amérique et l'autre vers l'Europe de plusieurs
centimètres.  Et oui bande de futés,c'est la tectonique des plaques.
 L'islande est le seul pays au monde qui se paye le luxe de
 s'agrandir en permanence sous vos pieds !
De nombreux rochers, descendus des flancs de montagne,
entravent notre progression mais avec une moyenne de 6 à
8 Km/H, nous sommes sereins.
L'avant-veille les pneus ont partiellement fondu sur une couche
de lave à peine refroidie et leurs reliefs sont sacrément usés.
( Si, si, vous ne révez pas. Pour se refroidir une coulée de lave
 récente peut mettre plusieurs mois.)
En première réduite, les 4 roues tendent à patiner sur les zones
boueuses et à chaque montées ou descente, on progresse

souvent en crabe.
A moins de 300m du sommêt,un passage va devenir réellement
éprouvant.
Dévaller une colline à péter l'inclinomêtre sous une pluie battante puis
traverser un torrent de boue pour aussitôt gravir une piste encore
plus pentue, l'opération semble toutefois réalisable.

Rappelons que l'optimiste n'est qu'un pessimiste qui s'ignore.

La topographie de l'Islande est tellement particuliere, que pour
gravir une montagne sans une réelle piste entretenue, on l'attaque

soit de front, soit par la crête. Il y a peu de chemin en lacet qui

permettent de d'élever sous une pente modérée.

En gros chacun y va au filling et en fonction de la puissance de

son véhicule, compose avec les éléments.

Je choisis la crête. Je ne suis pas assez puissant pour une

attaque frontale sous la pluie.

Le problème est : Qui dit crête dit ravin à droite et ravin à gauche.
Rester alors dans les traces, comme sur des rails de chemin
de fer, s'avère indispensable, mais parfois les ornières sont
tellement profondes que les deux ponts touchent le sol et obligent
 à manoeuvrer pour rouler sur le côté avec tout les risques
de s'écraser au fond d'un vallon. On mouille plus que la
chemise.
La descente de ce raidillon sur 150m, nous prend une bonne
demi-heure. Plus d'une fois nous avons senti les roues arrière

du 4 tonnes se soulever.

Le passage du gué avec un trou d'eau de plus d'un mètre
est risqué. Il faut remblayer le trou avec des pierres, la moitié
du corps dans l'eau glacée.
Ne pouvant pas prendre d'élan , l'accélérateur est sollicité pour
ne pas noyer le moteur. Le pôt d'échappement est l'entrée idéale
et il est sous 30cm d'eau.
Dix bonnes minutes sont nécéssaires pour franchir l'obstacle.
La remontée pleins gaz sur  l'autre rive est mouvementée mais
ça passe.
Avec l'habitude on finit par gérer les impondérables. Il faut être
philosophe, la piste étant un cul de sac, il va bien falloir
repasser par là.
Une petite parenthèse: l'été 83 est caniculaire pour bon
nombre d'européens, même les anglais réclament de la pluie
et de la fraicheur !
En Islande, c'est l'hivers avant l'heure, couverture nuageuse
impressionnante, températures trés basses, neige, pluie et
brouillard nous accompagnent tout au long du séjour.
Petite déception, sans nuit claire pas d' aurore boréale,
phénomène pourtant promis par tous les guides touristiques !
Nous poursuivons l'ascension cahin caha glissant à droite,
glissant à gauche avec l' impression bizarre de voir s'estomper
 le paysage.
Un nuage, on est dans un nuage!
Le brouillard est tellement intense que je ne vois plus à 5m.
On parvient enfin sur une zone plate, confirmé par l'altimètre
c'est le sommet.
Satisfaction général. La tension se relache pour tout le monde
et pour faire un immense plaisir à ma vessie, je sors dehors
pour la soulager.
Il fait froid, je n'y vois goutte  mais une fois détendu, je
m'éloigne un peu pour essayer de discerner le paysage alentour,
 qui sait, à travers une trouée on peut peut être voir la chaine des
volcans? Que dalle, rien , niet , du brouillard rien que du brouillard
et il n'est que 3 heures de l'aprés midi.
Bon et bien puisque c'est comme çà, je retourne au camping-car.
Je me retourne,  plus de phares ! J'aurai juré qu'il était là, à droite,
à une dizaine de mètres....
Dix pas à gauche, dix pas à droite, autant derrière, c'est pas possible
 je me suis paumé dans un nuage !
C'est le Klaxon, fil d'Ariane des temps moderne qui me ramène
dans la bonne direction.
Je pense dorénavant à équipé notre véhicule d'une corne de brume.
Bon, qu'est ce que l'on décide ? on bivouaque là? On attend le
lendemain matin?
A l'unanimité, retour vers l'enfer. Le thermomètre descend en flêche
et les flocons de neige ne présument rien de bon.
Au bout de 2 heures, on retrouve enfin la piste principale à la fois déçus
et heureux à la fois.
Il n'y aura ni film ni photos de ce paysage grandiose. Une astuce
sauve l'honneur, ramener comme tout bon touriste qui se respecte
une jolie carte postale achetée à la boutique de souvenirs de retour

en ville.

 

 







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