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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 17:17

Suite à un article sur internet concernant une personne morte d’une crise cardiaque en plein tournoi de bridge et qui, sans que l’on prévienne ses proches, a été enterrée à la fosse commune de Lille alors qu’elle possédait de revenus conséquents, cet article m’a remémoré des souvenirs familiaux pas si éloignés.

À première vue, quoi de plus rassurant et serein que de prendre un contrat obsèques pour, le moment venu, décharger ses proches des formalités délicates concernant les démarches funéraires. Depuis pas mal de temps déjà les compagnies d’assurances et leurs partenaires aux funèbres pompes, se sont léchées les babines devant cette gourmandise en forme de corne d’abondance.

Si vous vous en tapez le coquillard, que vous laissez ces opérations au bon vouloir de vos héritiers et qu’il reste suffisamment de pognon sur vos comptes bancaires, postaux ou sur livrets, les frais y seront prélevés par l’entreprise des pompes funèbres à concurrence de 3050 €.

Sur justificatif fourni par les héritiers, les frais d’obsèques sont également déduits de l’actif de la succession dans la limite de 1500 €.

Maintenant si vous avez des remords à laisser vos proches se dépêtrer dans les méandres de cette juteuse opération pour les professionnels de la mort, il existe deux types de contrats courants.

Le contrat de financement : En contrepartie de cotisations il permet de constituer un capital pouvant atteindre 15000 € dédié exclusivement au financement des obsèques par les bénéficiaires désignés. (Officiellement, pas question de se payer une croisière sur le dos de l’intéressé.)

Le contrat en prestations : Toujours par cotisations, il permet d’organiser l’intégralité de ses funérailles de son vivant. On peut par exemple cotiser sur dix ans pour atteindre la somme prévue à couvrir l’ensemble des services, du cercueil, du caveau et de la pierre. (Essayez de temps en temps votre cercueil, on peut s’empatter en vieillissant !)

Il existe tas d’autres possibilités de financement y compris par assurances vie et système viager.

Sachez que contrairement au film ‘’Le viager’’ c’est rarement le mort et sa famille qui sortent vainqueurs du tournoi.

J’en ai pour preuve deux exemples familiaux. Dans l’un des cas, la personne, ma grande tante Marisou, avait souscrit un contrat avec les pompes locales sans en prévenir toute la famille. À son décès, les proches dans la confidence avaient malheureusement passé l’arme à gauche avant elle, la famille ignorante à donc payé l’intégralité des frais d’obsèques. Pris d’un doute, nous avions bien contacté tous les croque-morts de la ville, aucun ne retrouvait ce fameux contrat dans leurs listings. C’est en débarrassant le logement que le fameux papier fut retrouvé. Comme par hasard la mémoire de la société aussi. Il fallut des mois et des menaces de procédures pour se faire rembourser.

Dans l’autre cas, mes parents, n’ayant plus de nouvelles téléphoniques d’une cousine éloignée, se rendirent sur place à Roubaix. La maison était close. Ils apprirent par les voisins qu’elle était décédée deux mois auparavant. Au cimetière, point de tombe. Le gardien annonça à mes parents qu’elle avait été inhumée au carré des indigents! Ce que l’on appelait autrefois la fosse commune.

Nous savions qu’elle avait souscrit un contrat en prestations. Elle en parlait souvent. Célibataire et n’ayant plus de famille proche, elle avait opté pour cette variante afin d’être enterrée dignement. Que s’est-il donc passé ? Même si éventuellement elle avait interrompu ces cotisations, il restait la maison, bien suffisante pour payer une sépulture digne de ce nom ! Reste à savoir, dans ce cas, qui prévient la Compagnie d’assurance ou banque concernée. Dans le doute, l’administration devrait, au moins à minima, lancer une enquête de proximité pour éclaircir cette situation ubuesque !

Il existe maintenant, un registre national des avis de décès consultable en ligne, actualisé au jour le jour des personnes décédées en France. Il peut donc, comme tout un chacun, être consulté par les compagnies d’assurance afin de retrouver les souscripteurs défunts ce qui, il faut le reconnaître, n’était pas le cas à l’époque, dans les années 70 où se sont déroulées ces carambouilles.

En attendant, comme pour les assurances vie en errance, ce sont des milliards d’euros qui font prospérer indûment des gens sans scrupules qui ne seront jamais inquiétés tant la dissolution des responsabilités en France est inversement proportionnelle à la couleur du col de chemise.

Gare à toi, voleur d’orange en tee-shirt, tu n’es pas du même monde !

 

 

 

 

 

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commentaires

Angeline 10/05/2017 22:43

j'aime me promener ici. un bel univers. vous pouvez visiter mon blog (cliquez sur pseudo)

Angelilie 13/03/2017 20:05

beau blog. un plaisir de venir flâner sur vos pages. une découverte et un enchantement.

Daniel 02/03/2017 15:04

Le "mort" au bridge est assez courrant !

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